VERS UN NOUVEAU MODÈLE ECONOMIQUE ET SOCIAL POUR LA FRANCE ET POUR L'EUROPE

28/04/2017 21:25

 

 

      Jean-Yves METAYER-ROBBES

 

 

Avant de débattre sur certains sujets comme la dynamique de croissance, la relance économique ou l’augmentation du pouvoir d’achat des français comme le fait régulièrement l’ensemble de la classe politique quelques semaines avant des élections, ne serait-il pas plus constructif et plus sage de réfléchir d’abord sur la conception de l’économie que nous souhaitons pour la nation ?

 

Une première constatation est évidente : le modèle économique et social de la France est dépassé et les français ne savent plus vers quel système s’orienter. Entre le vieux logiciel soviétique basé sur les nationalisations proposé par les courageux rescapés du communisme et l’ultra-libéralisme qui refuse tout contrôle, toute régulation, une autre voie est-elle possible ?

 

LE COURANT SOCIAL-LIBÉRAL EN FRANCE

 

Le président François Hollande a cru bon devoir opter pour une politique dite libérale dans sa version socialisante, avec l’aide de son premier ministre Manuel Valls et de son ministre de l’économie Emmanuel Macron. Les résultats constatés font apparaître une hausse du chômage, une diminution du pouvoir d’achat et une très nette augmentation des prix durant tout son quinquennat avec aucune relance de la croissance pourtant tellement attendue. Ce qui caractérise cette politique est son absence de ligne directrice. Ni socialiste, ni libéral, le projet social-libéral n’est qu’une vitrine de Noël pour attirer les passants, celles et ceux qui n’ont pas encore pris le temps de réfléchir sur les réels besoins de l’économie française, faisant encore sans doute confiance à l’Union Européenne et à ses commissaires pour trouver de nouvelles solutions pour inverser la courbe du chômage alors que celle-ci n’a cessé de monter en France tout au long de la dite construction européenne. Rappelons au passage que l’Europe est d’abord et avant tout un continent avec son histoire, ses racines, ses croyances, ses héritages, ses réalités alors que l’Union Européenne n’est encore qu’une illusion pour certains et pour les autres, les ultra-libéraux, une volonté d’établir un vaste champ de foire où tout se vend librement, sans aucune régulation. C’est précisément ce que le logiciel Macron voudrait aussi développer en France avec toujours plus de flexibilité et toujours moins de sécurité pour l’ensemble des salariés. La Macron-économie, c’est l’économie de l’apocalypse, celle de la fin des temps dans une catastrophe jamais égalée, dans laquelle l’être humain n’est plus qu’une marchandise que l’on achète ou que l’on jette.

 

FINANCE INTERNATIONALE ET ULTRA-LIBÉRALISME

 

La finance internationale n’a pas d’idéologie mais uniquement une stratégie de conquête des lieux de pouvoirs afin de réaliser son rêve d’enfant, à savoir un rêve de destruction des vieilles nations pour installer le libre-échange planétaire et ainsi gouverner le monde. Le problème est que ce rêve est devenu réalité. Il progresse d’années en années, c’est ce que l’on appelle de nos jours le « mondialisme ». Il opère en plaçant ses femmes et ses hommes dans les ministères ou même à la tête des états. Il lui suffit ensuite de casser les politiques nationales, de créer des divisions pour mieux régner ensuite. Le meilleur exemple n’est-il pas celui de l’immigration de masse qui perturbe très vite les équilibres démographiques, sociaux et culturels, permettant surtout et avant tout de peser à la baisse sur les salaires ?

Il est ensuite très facile  de mettre en place une stratégie de formatage des esprits, via certains médias-relais bien connus, eux-mêmes inscrits dans cette perspective mondialiste de conquête des pouvoirs. C’est bel et bien la pensée ultra-libérale qui tisse sa toile partout où elle le peut. On peut comprendre que le mondialisme puisse favoriser la montée d’intégrismes comme l’islamisme pour installer le désordre et même tenter de créer des révoltes au risque de devenir des guerres civiles. La stratégie de destruction se met en place sans que les états puissent même la critiquer ouvertement, ni même les partis politiques de gouvernement.

 

UNE AUTRE VOIE EST-ELLE POSSIBLE ?

 

Les pessimistes et les mondialistes eux-mêmes répondent que non. Les communistes ne voient pas d’autres solutions que de rompre avec l’économie de marché dans sa globalité, même si ce terme ne renvoie à rien de très précis selon l’économiste Jacques Sapir. Faut-il entendre uniquement «  augmentation des richesses » lorsque nous parlons d’économie de marché ? Richesses individuelles, richesses de grands groupes financiers répondant à une logique de hauts profits ? Lorsque les échanges commerciaux ne sont plus que des supports au service des gains financiers, le risque n’est-il-pas de s’engager dans une logique de surproduction laquelle impliquant la société vers la surconsommation ? Ne sommes-nous pas aujourd’hui pris au piège de la surconsommation tout en constatant l’augmentation de la pauvreté et l’impossibilité d’inverser la courbe du chômage en France ? Voilà pourquoi avant de parler de « dynamique de croissance » il est fondamental de savoir quel modèle économique nous voulons construire.

La seule logique de l’offre est-elle un facteur d’équilibre pour la société ? Devons-nous redéfinir les besoins réels de la France et des français ? Devons-nous sortir de la spirale de la surproduction et de la surconsommation ? La France veut-elle redevenir une grande puissance économique ? ou préfère-t-elle observer son déclin et s’inscrire elle-même comme zone de grande pauvreté ? Voulons-nous rester dans l’impasse économique ou reprendre les commandes du paquebot France ?

 

QUEL MODÈLE POUR QUELLE RELANCE ?

 

Il est grand temps de repenser un modèle « juste et équitable ». Chacun doit pouvoir y trouver son compte et vivre dignement. N’importe quelle construction pour qu’elle soit équilibrée et durable nécessite une gestion, une maîtrise. C’est selon mon idée à ce niveau que l’état doit jouer son rôle. C’est l’état qui est le garant de l’équilibre. La France doit donc renouer avec « l’esprit de gestion » en favorisant les productions les plus efficaces et les échanges les plus avantageux. Que veut dire « esprit de gestion ». Nous parlons ici de gestion financière et non de bureaucratie. Si la gestion financière de l’entreprise consiste à appliquer des « techniques de gestion » afin de dégager du profit, la gestion de l’ensemble de l’activité économique, par le ministère de l’économie et des finances, doit veiller à l’équilibre global de l’économie nationale. La gestion qui revient à l’état est d’un type particulier car elle ne s’appuie pas uniquement sur une logique de profit. Elle observe, elle accorde des aides à tel ou tel secteur, en fonction des besoins réels de la nation. La notion de « besoin réel » est particulière à la gestion économique d’un état qui prend ses responsabilités dans ce domaine. Le rôle de l’état n’est pas de créer des besoins là où il n’y en a pas mais de répondre aux besoins réels du pays et surtout d’anticiper les financements nécessaires à moyen et à long terme. Il est par exemple du rôle de l’état de diriger l’ensemble du secteur énergétique afin de pouvoir maîtriser tous les enjeux économiques et stratégiques.

Peut-être devrions-nous aussi réfléchir sur les termes de richesse et de justice. Est-ce au marché ou à l’état de produire de la justice ? Est-ce au marché ou à l’état de produire de la richesse ? Comment la France veut-elle faire de la richesse ? Tous les partis de gauche comme de droite devront répondre clairement à ces questions. Enfin, est-ce à l’économie de créer de la morale politique et de la morale « en politique » ?

 

L'ETHIQUE DOIT-ELLE PRÉCÉDER L'ECONOMIE ?

Il semble bien que ces questions fondamentales gênent le « système ». Pourtant, si nous voulons vraiment tracer les contours d’un concept novateur et fondateur d’un nouveau logiciel économique et social, nous ne pourrons pas y parvenir sans une analyse approfondie des résultats générés par ce système, ce que les responsables politiques refusent de faire par mauvaise foi, faisant semblant de ne pas être libres de répondre. C’est ainsi qu’ils indiquent une autre orientation, celle de l’adhésion à la pensée unique. Nous voyons donc que l’homme du système n’est pas dans le monde du réel. Il s’agirait en fait de sortir du système du mensonge pour en construire un plus juste. Il s’agirait également d’ouvrir le champ de la réflexion de l’économie politique à la recherche d’une conception guidée par le désir d’une politique de la raison.

S’il existe bien un domaine politique qui doit intégrer la recherche du « juste », n’est-ce pas celui de l’économie ?

Comment prétendre vouloir élaborer un modèle économique « et » social si les valeurs morales sont supprimées du logiciel ?

La question de l’éthique est plus que jamais d’actualité. Il revient à l’état de poser une éthique globale, laquelle sera observée, appliquée dans tous les domaines. L’économie éthique doit remplacer l’économie sauvage, celle qui ne respecte aucune valeur, animée par le seul désir de faire de la richesse. Une économie sans éthique est une économie dans laquelle tout se vend, les marchandises et les hommes. L’humanisme n’a pas sa place dans ce que l’on peut appeler « économisme » ou « capitalisme financiarisé mondialisé ». L’être humain n’est plus qu’un maillon de la chaîne de production, un outil pouvant même être remplacé par un robot.

Sans principe supérieur d’autorité au sommet de l’état, comment réussir à installer une nouvelle éthique ?

Comment rompre avec la logique du productivisme ? Comment rompre avec la politique européenne du libre-échange ? Comment rompre avec la politique ultra-libérale imposée par Bruxelles ?

Seul un pouvoir politique fort et légitime pourra mettre en œuvre de nouvelles stratégies intelligentes de maîtrise et de régulation afin d’installer durablement en France un nouveau système d’économie de marché avec une «  authentique confrontation de l’offre et de la demande ». Le système devra à la fois sauvegarder la liberté fondamentale d’entreprendre mais toujours à partir de réelles estimations sur les besoins de la nation et des citoyens. Nous éviterons ainsi de produire pour la satisfaction de quelques banquiers et quelques grandes fortunes qui n’ont que faire de l’intérêt des nations et des peuples. Nous devrons trouver le « point d’équilibre » entre l’offre et le besoin autour duquel la notion de commerce équitable devra prendre toute sa place.

 

 

 

LOGIQUE DE RELANCE ECONOMIQUE

 

Pour que l’entreprise soit plus compétitive, faut-il privilégier l’abaissement des taux des cotisations sur les salaires ou faut-il plutôt réduire l’impôt des entreprises sur les « bénéfices réinvestis » ? En effet, la baisse des prélèvements n’entraine pas forcément une meilleure compétitivité. Par contre, la réduction d’impôt sur les bénéfices réinvestis s’avère plus efficace selon de nombreux économistes. L’objectif numéro un est donc la compétitivité associée à la qualité des produits à partir de laquelle l’entreprise répondra plus facilement aux demandes. Il sera alors possible de parler de hausse des salaires, donc d’une augmentation du pouvoir d’achat et de relance de la croissance. Nous arriverons aussi à une meilleure stimulation de la concurrence avec une possible baisse des prix des produits français. A partir de cette baisse, une augmentation des ventes est prévisible entraînant à son tour une augmentation des bénéfices de l’entreprise. De nouvelles embauches peuvent être envisagées et encouragées par l’état. Nous pourrions enfin arriver vers un début d’inversion de la courbe du chômage, en favorisant aussi les entreprises qui produisent en France. Nous comprenons combien le monde de l’entreprise et l’état doivent conjuguer leurs efforts à partir d’une éthique clairement définie et garantie. C’est justement ce qui fait défaut aujourd’hui à l’économie française.

 

RENÉGOCIER LES TRAITES OU SORTIR DE L’UNION EUROPÉENNE ?

 

Faut-il sortir de l’Union Européenne, de la zone euro et revenir au franc ou devons-nous d’abord tenter de renégocier les traités dans un premier temps ?

La meilleure stratégie n’est-elle pas celle qui permet d’obtenir un résultat positif ?

L’esprit de négociation a prouvé qu’il pouvait être plus efficace que celui de la rupture. Il reste à réfléchir sur le contenu de ces renégociations, sans négliger le facteur temps pour l’entrée en application des traités modifiés car la France doit pouvoir retrouver sa souveraineté économique le plus rapidement possible. Tous les efforts doivent donc être concentrés sur une bonne renégociation, juste, efficace et rapide.

Pour redessiner son schéma économique et social, la France devra rassembler les patriotes qui veulent sauver l’économie nationale et redonner à chacun la possibilité d’exercer un travail dans les meilleures conditions, dans un esprit de « respect mutuel employé-employeur » et de liberté. Le principe du « juste » et du « réel » devra remplacer celui de la corruption.

Il est temps maintenant d’avancer vers une « économie réaliste et humaniste », sans jamais oublier que la recherche du juste est génératrice de liberté.

 

Jean-Yves METAYER-ROBBES

Président de l' Assemblée Citoyenne Européenne

Docteur Honoris Causa en philosophie

Directeur du département de philosophie politique

World Academy of Human Sciences

Président du Club France Humaniste

Président des Comités Défense Républicaine                                                                              

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